De plus en plus de jeunes plasticiens émergents sur la scène artistique internationale, ayant pourtant un solide formatage conceptualo-bidulaire en ENSBA, se mettent à faire de l’art brut ou copinent, « dialoguent » ou « communient » même, avec les artistes bruts « malades, mentaux, prisonniers ou autres marginaux » comme le dit la spécialiste du grand marché de l’art, Madame Azimi dans ce supplément M du Monde du 26 10 19.

Comme s’il s’agissait de recharger le tout duchampo-postural financier et ministériel de quelques petits éléments  d’humanité pour retarder un peu la grande implosion de l’inepte art-contemporain mondialisé.

Ainsi cette Sarah Tritz « convoque »-telle l’art brut, dans l’exposition qu’elle a intitulée tout simplement « j’aime le rose pâle et les femmes ingrates » et installée au CREDAC d’Ivry-sur-Seine, haut lieu de la subversion subventionnée avant financiarisation.

L’art brut, cela devient donc de plus en plus tendance et bankable et l’on envisage même, paraît-il, outre une gigantesque installation au Palais de Tokyo, des cours et professeurs d’art brut à la Villa Arson et l’attribution des  diplômes subséquents,  remis par Ben Vautier lui-même, qui adore l’art brut et en avait même organisé il y a deux ou trois ans, une expo avec ses potes de Fluxus pas loin du Palais du Facteur Cheval , et « en communion »  posthume avec celui-ci.

« J’ai la même montée d’orgasme mental devant l’art conceptuel et l’art brut » affirme tout de go la susdite Sarah Tritz…qui a réalisé par ailleurs ce ravissant petit train bleu que je vous joins